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The dark side of Joan Jett

Joan Jett







En voilà une qui pèse dans le milieu ! Interprète du classique I Love Rock'n'Roll (reprise du groupe The Arrows) et de méga-tubes tels que I Hate Myself For Loving You ou encore Do You Wanna Touch Me ?, pionnière du rock au féminin surnommée The Queen Of Noise ou encore Queen Of Rock'n'Roll... Bref, je ne pouvais pas faire un site sur le glam sans elle ! Bon, je sais, certains trolls me diront "mais c'est pas du glam-metal, c'est du glam-rock, connasse !" et je leur répondrai que je m'en bas les couilles, qu'après tout il n'y a pas un énorme fossé entre I Hate Myself For Loving You et Rock The Night d'Europe ou encore You Give Love A Bad Name de Bon Jovi et que par conséquent cette demoiselle a tout à fait sa place sur mon site. Et là certains trolls me diront "Hé mais Europe et Bon Jovi c'est pas du glam-metal, c'est du pop-metal !" et là je sors un flingue et je... bref, on s'en fout ! A présent, place à la bio !




Notre chère rockeuse féministe est donc née le 22 septembre 1958 à Philadelphie (Pennsylvanie). Vers ses neuf ans, elle déménage à Rockville (un nom qui lui correspond étrangement bien...) et se mettra quelques années plus tard à la guitare. Seulement, comme c'est une fiiille, exit les bons gros morceaux rock (pas bien violents à cette époque), place aux douces et sirupeuses balades folks ! Tel semble être l'opinion de son prof qui ne lui donnait que des morceaux de ce genre...Cela agaée l'ado rebelle qui lui claque la porte au nez. Peu après, sa famille déménage à L.A, où elle pourra commencer à avoir une vie nocturne teintée du glam-rock qu'elle aime tant. D'ailleurs, elle dira au sujet de ses sorties : "Tout le monde était très androgynes, les garçons étaient maquillés, tous les ados qui dansaient rayonnaient. Ils étaient vraiment cool pour moi."*. Ce n'est pas aujourd'hui qu'on pourrait avoir la chance de croiser de tels spécimen...


Image flottante
Suzie Quatro et ses Pleasure Seekers (les chercheuses du plaisir...)

Dans ces lieux de perdition, elle découvre Suzie Quatro, une pionnière du rock au féminin, qui deviendra un de ses modèles : "En écoutant ses chansons je me disais : "C'est une fille qui le fait, c'est une fille qui joue du rock." et je savais que si elle l'avait fait, ça voulait dire que je pouvais le faire aussi, et qu'il y avait d'autres filles à Hollywood qui voulaient le faire."*


Kim Fowley, une vraie beauté...

C'est alors qu'elle rencontre Kim Fowley (qui porte mal son nom, comme en témoigne cette photo), un producteur très côté. ça tombe bien, celui-ci souhaitait former un all-female band (je boycotte le terme girls band pour des raisons évidentes), donc les deux y trouvent leur compte. Elle sera rejoint par la batteuse Sandy West (hélas décédée en 2006), la bassiste Jackie Fox, la guitariste Lita Ford (également promise à un glorieux destin) et la chanteuse Cherry Currie. Les Runaways sont nées ; un grand pas pour Joan Jett, un grand pas pour les femmes dans le rock" Si elles eurent leurs heures de gloire avec Cherry Bomb, leur carrière ne fut malheureusement pas toujours un succès. En effet, des "gonzesses" qui jouent fort, ça ne plait pas à tout le monde. Voilà ce que déclare la chanteuse à ce sujet avec un langage fort châtié : "Nous sommes passées par beaucoup de merde en Amérique et en Angleterre. Bien qu'ils fussent plus compréhensifs et réceptifs en Angleterre, nous sommes vraiment passées par beaucoup de merdes. Mais s'il y a bien un endroit sur cette planète qui ovationna les cinq pionnières comme de véritables déesses, ce futé le Japon, décidément bien en avance sur son temps. Joan déclare à ce sujet : "Lorsque nous sommes arrivées au Japon, ils se comportaient comme si nous étions les Beatles, toutes les filles étaient réellement fans. Partout ailleurs, les personnes dans le public criaient des choses désobligeantes. Mais ce n'était pas le cas au Japon et en Scandinavie."*. Ah, le modèle Scandinave... Je l'ai toujours dit, les nordistes sont les meilleurs ! Pour continuer sur le rock et le féminisme, la chanteuse ajoute : "Il y a beaucoup de gars qui nous ont emmerdé, et qui ont été très cruels. J'ai souvent entendu d'autres groupes dire qu'ils n'arrivaient pas à croire qu'ils devaient partager leur scène avec une chienne.[...] Je pense que quand une fille dit qu'elle va jouer du rock n'roll, elle déclare qu'elle est propriétaire de sa sexualité et qu'elle va en faire ce qu'elle veut et non ce que les hommes veulent en faire. Certaines personnes trouvent ça vraiment menaçant."*. Tous les machos du monde, prenez ça dans la gueule !


Les Runaways avec au milieu Cherrie Curry puis de gauche à droite : Sandy West, batteuse (RIP, girl), la bassiste Jackie Fox, la jeune Lita Ford (guitariste soliste) et Joan Jett (chant et guitare)


Elles mettent le paquet au Japon

La carrière de nos cinq riot grrl avant l'heure fut hélas bien éphémère. En effet, des divergences musicales non conciliables eurent raison (entre autre) du groupe. Joan souhaitait évoluer vers un son davantage punk rock/glam rock tandis que Lita Ford et Sandy West préféraient le bon gros heavy metal. L'aventure Runaways s'achèvent pour Joan, mais sa carrière est loin d'être finie.




Carrière solo




Joan Jett et les Blackhearts

Après avoir produit un album pour un obscur groupe punk de L.A, elle aura tôt fait de former le groupe Joan Jett and the Blackhearts. La rockeuse place en effet une annonce où elle précise qu'elle recherche à trois bons hommes - donc pas de femmes - non pas par misogynie mais simplement car elle ne voulait plus faire face à tout le machisme qu'elle avait dû endurer. Il n'empêche qu'elle rencontrera une fois de plus des difficultés à être prise au sérieux par les maisons de disques. Par conséquent, elle fondera avec son manager son propre label, Blackheart Records. Heureusement, c'est avec ce groupe qu'elle connaitra (enfin !) la gloire internationale. L'album Joan Jett, plus tard rebaptisé Bad Reputation (1981) est une réussite et sera certifié disque d'or. La même année, le groupe enchaîne avec le disque I Love Rock'N'Roll, une véritable consécration grâce à son gigantesque hit du même nom. Viennent ensuite Album et Glorious Results Of A Misspent Youth, sortis respectivement en 1982 et 1984, puis Good music, qui comporte la participation de personnalités extrêmement connues telles que Darlene Love (?), The Sugarhill Gang (??) mais aussi les Beach Boys (bon, ça, normalement, on connait). Parmi les singles de ces albums, on peut citer The French Song (Album, 1983), Everyday People (idem), I Love You Love Me Love (Glorious Results of a Misspent Youth, 1984, reprise d'un tube de ce sale pédophile de Gary Glitter) ou encore Good Music (album du même nom, 1986). La rockeuse enchaîne avec plusieurs autres disques qui remportent le même succès que les précédents et que j'ai la flemme de vous énoncer ici (si ça vous intéresse, vous n'avez qu'à aller voir sa discographie sur Wikipedia ou lire sa bio sur nostalgie.fr). Bref, toujours est-il que les années 80 ont été une décennie fructueuse pour elle. A signaler qu'avec son groupe, ils seront les premiers à jouer au Lunt-Fontanne Theatre de Broadway. J'ignore ce que cet endroit à de si particulier, mais apparemment il est suffisamment important pour que bon nombre de mes sources le mentionne.



Carrière cinématographique


En 1987, Joan joue dans le film Light of Day (1987), qui sera sa principale contribution au Septième Art. Elle y partage l'affiche avec Michael J Fox (Marty dans Retour Vers le Futur, c'est lui !). Le film raconte les déboires d'un jeune homme, Joe (alias Michael), issu de la classe ouvrière désargentée de l'Amérique et de sa soeur, Patti (notre rockeuse). Le jour, celui-ci travaille dur dans une usine de métallurgie à Cleveland. La nuit, il se défoule sur scène avec son groupe de rock, les Barbusters, qu'il a monté avec sa soeur, dont la vie n'est pas très amusante non plus. Jeune mère célibataire, celle-ci a du mal à joindre les deux bouts et est en conflit avec sa propre mère, très religieuse. Comme on s'en doute, le rock constitue son seul échappatoire.

Le film regorge d'anecdotes amusantes. Premièrement, Light of Day est la première tentative au cinéma de Michael J Fox en dehors de Retour Vers Le Futur. Par ailleurs, c'est également la première fois qu'on le voit fumer au cinéma, ce dernier, bien qu'étant fumeur, évitant de se montrer à l'écran avec une cigarette de peur que cela n'encourage à s'y mettre.

La BO éponyme du film a été composée par Bruce Springsteen mais est interprétée par Joan Jett. C'est d'ailleurs cette chanson qui a donné son nom au film, et non l'inverse. Fait intéressant, ce n'est rien de moins que le célébrissime tube de Springsteen Born In The U.S.A qui était censé être la bande originale du long métrage. Néanmoins, le titre a finalement été choisi pour une chanson qu'il avait écrite au sujet d'un vétéran du Vietnam. Notons que Jon Bon Jovi a également participé à la BO avec le morceau Only Lonely.

Enfin, dernier fait intéressant, Trent Reznor de Nine Inch Nails fait une apparition dans le film avec son groupe d'alors, The Exotic Birds (le premier album de NIN ne sortira que deux ans plus tard). Ils y campent le rôle des groupes locaux The Problems et The Pelicans.


Comme je suis sympa, je vous mets le film en entier ICI (ps : en anglais sans sous-titres, faut pas rêver non plus).


Joan a fait des apparitions dans bon nombre de séries (Highlanders, Ellen, Walker, Texas Ranger, Law & Order : Criminal Intent...) et de films : cameos dans Ordinary World, Repo! The Genetic Opera (2008), petit rôle dans Endless Bummer (2009) et Boogie Boy (1998) (entre autre). En conclusion, Light Of Day aura été sa principale contribution au grand écran.



Elle ne s'est pas ramassée durant les nineties


En effet, elle enchainera les albums et compilé à succès tels que Up Your alley, en 1988, avec les fameux I Hate Myself For Loving You, I Wanna Be Your Dog (une reprise des Stooges) et Little Liar, The hit list, un album de reprises de célèbres morceaux rock, l'écriture/composition de House of fire pour messire Alice Cooper, puis Notorious (1991), Pure and Simple (1994, nostalgie.fr m'indique qu'il s'agit d'un de ses meilleurs albums), un greatest hits en 1996 et je vais m'arrêter là avec mes listes car je vois que vous commencez à vous faire chier.


Autres activités



En parallèle à ses activités de leadeuse, elle se consacre à la production : pour les célèbres Metal Church, les non moins fameux Eyeliners, les réputées Bratmobile, les inoubliables Circus Lupus, les très connus The Vacanciers et le rappeur Big Daddy Kane ?? En plus de produire des groupes dont tout le monde a entendu parlé, elle sera considérée comme la pionnière du mouvement "Riot Grrrl", dont beaucoup la prennent comme modèle. Pour les mauvais élèves en histoire du rock, les "Riot Grrrl" sont (ou est, je ne sais pas trop ce qu'il faut dire) un mouvement constitué de groupes quasi-exclusivement féminins, plutôt orientés grunge, qui en avait marre d'être considérés comme des quiches sous prétexte qu'elles ont un vagin et non pas un pénis. Elles ont donc décidé qu'elles pouvaient très bien s'en sortir sans les hommes et ont usé de solidarité féminine. Bien évidemment, ce mouvement est exclusivement américain et ne connait pas d'équivalent français (en fait, c'est tellement évident que j'ignore pourquoi je le précise). Bref, toujours est-il que Joan Jett n'a pas fait preuve de misogynie féminine (contrairement à Candice d'Eths avec son "Nan mais j'vous rassure, j'suis pas féministe" mais là je m'éloigne) et parrainera (marrainera ?) le mouvement en produisant un album des Bikini Kills, groupe phare de cette émeute féminine.

Après Pure and Simple (pour le rappel, 1994) vient 1979. En parallèle, la chanteuse intègre le groupe The Gits, qui change de nom pour Evil Stig et part en tournée avec eux. Puis elle revient avec les Blackhearts, enchaîne les tournées et collabore avec de grands noms tels que l'ex-Ramones Marky Ramone.


Les années 2000


Dans les années 2000, elle restera très active. Elle sortira trois albums : Naked (2004), Sinned (2006) et Unvarnished (2013). Elle multipliera également les travaux de production et les apparitions cinématographiques, dont celles que j'ai évoquées plus haut. Autrement, on peut surtout retenir qu'elle fut intronisée au Rock'n'Roll Hall Of Fame en 2015 et qu'elle s'engage fortement pour la protection des animaux auprès de la PETA . D'ailleurs, elle reçu même en 2012 un Nanci Alexander Activist Award pour son travail au bien-être des animaux.


Mais qu'as-tu fait à tes cheveux ??

Côté vie personnelle, elle a toujours laissé plané un doute sur son orientation sexuelle : "je ne dis pas non, je ne dis pas oui. Je dis 'crois en ce que tu veux. Assume, vas-y.'" (Interview pour Out Magasine, 1994). Elle est également végétarienne et s'est engagée politiquement en soutenant la position du démocrate Howard Dean sur la guerre en Irak lors de l'élection présidentielle américaine de 2004 (j'imagine qu'il était contre, enfin, je l'espère...).

Enfin, en 2010 (paye ta chronologie !) un film intitulé The Runaways sort au cinéma. Il retrace la courte carrière du groupe qui a révélé la chanteuse à la face du monde. Précision importante à mes yeux : celui-ci est réalisé par Floria Sigismondi, directrice de deux des plus beaux clips de Marilyn Manson, The Beautiful People et Tourniquet. En tout cas, si vous aimez l'ambiance seventies/dépravation/drogues/glam-rock/libération sexuelle, et bien sûr Joan Jett, je vous conseille vivement ce film. Sinon, eh bien... tant pis pour vous !


Oui, Kristen Steward joue vraiment dans ce film...et le pire c'est qu'elle est très bien !

Joan en 2015 à la cérémonie 30ème anniversaire du Rock And Roll All Of Fame




The Dark Side of The Moon Joan



Kim Fowley a crevé comme un rat en 2015, et tant mieux ! Malgré le fait que cet individu soit un salopard fini, Joan Jett, Lita Ford et Nikki Sixx lui ont rendu hommage en concert ou par je ne sais quel autre moyen. Pourquoi tant de haine envers cet homme ? Tout simplement parce qu'il est accusé d'avoir violé - entre autre - Jackie Fox (bassiste des Runaways ndlr.)... devant les autres membres du groupe, ce qui n'empêche pas Lita de lui rendre hommage avec des mots doux sur Twitter (Joan a dû faire un truc similaire mais j'ai la flemme de vérifier). Pour la petite histoire, une certaine Kari Krom - également victime des abus de cette râclure - a affirmé que Joan et les autres avaient ricané pendant l'agression et que leur camarade "se faisant baiser comme une chienne" était devenu un sujet de plaisanterie courant au sein du groupe... Bien évidemment, notre rockeuse a nié sa présence lors de l'événement. Quant à Cherie (chanteuse des Runaways), elle a prétendu lui avoir crié dessus (sur Kim) et être partie de la pièce très en colère. De son côté, l'ignoble individu nie avoir commis un quelconque abus sur l'une ou sur l'autre. On te croit, Kim, on te croit...




Sources :

Wikipedia (anglais et français, mais surtout anglais, mais on s'en fout en fait...)

Source pour "The Dark Side of Joan" : allez voir sur la page dédiée à Lita Ford