RATT


Mis en ligne le 23/29/2018


De gauche à droite : Robbin Crosby (guitare rythmique, choeurs), Warren DeMartini (guitare lead, choeurs), Stephen Pearcy (chant), Juan Croucier (basse) et Bobby Blotzer (batterie)



Ratt est un groupe de glam metal originaire d'Hollywood (Californie - mieux vaut préciser car on ne sait jamais, il y a tellement d'incultes de nos jours...). Contemporains de pointures telles que les Mötley Crüe, Quiet Riot ou les W.A.S.P, ils sont connus pour avoir contribué à façonner le genre "hair metal" à Los Angeles (et partout dans le monde).

Les origines de Ratt remontent à bien avant les années 1980. En effet, dès 1973, Stephen Pearcy forme un groupe appelé Firedome aux côtés d'un certain Pat Tamasky, son "professeur de guitare" et petit ami de sa soeur. Avec Pat et quelques uns de ses potes (à Pat, pas à Stephen), le groupe fait des reprises plus ou moins fidèles de morceaux inconnus au bataillon tels que In Memory Of Elizabeth Reed (Allman Brothers), La Grange (ZZ Top) ou encore Gotta Get To Know You (Foghat). Oui, ok, en fait, c'est pas si inconnu que ça...

Ils enchainent les petits concerts à l'occasion de beach parties, de keggers (sorte de fêtes de la bière) et d'anniversaires. Quelques temps après (suite à un concert de Led Zeppelin, paraît-il...), le groupe splitte. Heureusement, notre cher Stephen ne tarde pas à trouver sa place dans une nouvelle formation qu'il baptisera lui-même Crystal Pystal. Contrairement à ce qu'il espérait, ce n'est pas à la guitare qu'il se fit embaucher, mais au chant. Ainsi, il joue aux côté d'un certain Tommy Asakawa et d'un certain Chris Hager, qui deviendra plus tard le guitariste d'un groupe appelé Rough Cutt. Si les chansons de Crystal Pystal étaient, selon les dires de Chris, pas trop mals, le groupe ne tardera pas à se séparer, Tommy souhaitant faire son propre chemin. Celui-ci rejoindra alors des groupes appelés Metropolis puis Secret Service dans lesquels on retrouve... Robbin Crosby ! Le monde est petit...

Suite à cela, Stephen et Chris ont visiblement continué le groupe sous le nom de Buster Cherry pour ensuite le faire évoluer en Mickey Ratt. Toute similitude avec la célèbre souris de Dysney n'est pas fortuite : le nom vient en effet d'une bande dessinée dans laquelle un personnage appelé Mickey Rat campait une sorte de Mickey Mouse bien plus déluré et déjanté...



Petite démo de Mickey Ratt


L'un des anciens groupes de Robbin Crosby avant Ratt, dans lequel on retrouve aussi Tommy Asakawa. Je vous laisse le soin de deviner desquels il s'agit.

Le line-up de Mickey Ratt fut un véritable bordel : avec et après Chris Hager, le groupe accueille les guitaristes Paul DeNisco, Bob Delellis et Jake E. Lee (connu pour avoir joué avec Ozzy Osbourne et Badlands), les bassistes Tim Garcia, Mike New, Gene Hunter, Dave Jellison et Matt Thorr (qui atterrira dans Rough Cutt aux côtés de Hager quelques années plus tard) et les batteurs Bob Eisenberg, Khurt Maier et John Turner. Le groupe enregistre diverses compilations de démos (voir ci-dessus), ainsi qu'un concert live (hélas introuvable sur YouTube...).

En 1980, le groupe enregistre un single contenant les morceaux Dr. Rock et Drivin' on E, qu'il distribuait (apparemment gratuitement) à leurs fans lors de leurs concerts à Los Angeles. D'après l' autobiographie de Stephen Pearcy, il est fort probable que Dr. Rock fasse référence à un docteur qui l'aurait aidé à ne plus se choper de maladie vénérienne lors de ses (très nombreuses) parties de jambe en l'air...

Fin 1981, c'est la quasi-mort du groupe : les musiciens présents abandonnent petit à petit le navire, mais Stephen ne se décourage pas pour autant : il enchaine les auditions, et c'est à ce moment-là que Jake E. Lee et Matt Thorr rejoignent le groupe, mais visiblement pas pour longtemps. Une fois ces deux-là partis, le line-up tel qu'on le connait commence à prendre forme. C'est apparemment Robbin "King" Crosby qui fut le premier, suivi de Warren De Martini (parfois surnommé "Torch"), alors seulement âgé de 18 ans, qui vint en remplacement de Jake E. Lee. Pour la petite histoire, Warren fréquentait une université locale et a donc dû abandonner ses études pour rejoindre un groupe dont le succès n'était alors que limité... Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a bien fait ! Il fut suivi de Bobby Blotzer (batterie), puis de Juan Croucier (basse). Il est intéressant de constater que quelques années auparavant, ces deux-là faisaient partie d'un groupe appelé Airborn (qui n'a rien à voir avec les hard rockeurs australiens du même nom !) formé par... Don Dokken. Le monde du glam metal est vraiment petit... D'ailleurs, Croucier participera même au premier album de Dokken, Breaking The Chain et restera même dans le groupe jusqu'en 1983, jouant donc simultanément pour quelques temps dans Dokken ET Ratt.

Pour info, les jambes ci-dessus appartiennent à Tawny Kitaen, la petite amie de Robbin Crosby à l'époque.

Le nom même du groupe connait également des évolutions : il passe du Mickey Ratt que l'on connait à M. Ratt (qui n'aura pas fait long feu), puis à Ratt. En juin 1983, le groupe signe sur le label indépendant Time Coast Music et sort plus tard dans l'année l'EP Ratt (ils se sont pas foulés pour le nom !). Ce dernier contient des versions primitives de certains morceaux que l'on retrouvera dans le célèbre album qui suivra. L'EP sort également en Europe grâce au label anglais indépendant Music for Nations, dans une version qui comprend le morceau additionnel You're in Trouble. Ratt comporte un single, You Think You're Tough (Tu Crois Que T'es Dur - je vous traduis le titre car je le trouve stylé), considéré comme le premier hit du groupe. Celui-ci possède un clip, qui aurait été tourné après le fameux disque de 1984 (je ne vous dis pas son nom, il faut bien conserver un peu de suspens !). En effet, on y retrouve des extraits de vidéos issues dudit disque de 1984. Enfin, il est à noter qu'on peut y voir furtivement plusieurs personnalités du heavy metal : Ozzy Osbourne (tout de même !), ainsi que le bassiste et le batteur d'un tout nouveau groupe qui fait fureur à Los Angeles : Mötley Crüe.

L'EP rencontra un succès suffisant pour attirer l'attention d'une major, en l'occurrence Atlantic Records, qui ne tarda pas à les signer. Nous arrivons donc au fameux album - le premier officiel - dont le nom est Out Of The Cellar. Sorti en 1984, ce dernier contient le grand classique Round And Round, ainsi que les singles Wanted Man, Back For More (y a un clip dessus mais je crois qu'en fait c'est pas un single...) et Lack of Communication. Ce dernier fut un véritable triomphe, aussi bien auprès du public que des critiques, et se vit certifier plusieurs fois disque de platine aux Etats-Unis (en même temps, c'est pas dans notre pauvre France que ça serait arrivé !). Le tube Wanted Man a d'ailleurs tapé dans l'oreille des responsables du film Une créature de rêve (1985), dans lequel on peut entendre ladite chanson. Concernant le film en lui-même (désolée, je sais pas faire court !), je m'attendais à un navet issu des tréfonds du cinéma, mais en fait il s'agirait d'un classique du teen-movie des z'années 80.

C'est une fois de plus Tawny Kitaen - actrice et productrice de son état - que l'on voit sur la couverture, et cette fois-ci en entier, la tête au-dessus d'une trappe dont s'échappe une mystérieuse fumée vert-jaune. Ce n'est cependant pas elle que l'on voit dans le clip MTV-friendly de Round And Round, mais un mannequin du nom de Lisa Dean, qui avait déjà montré sa jolie silhouette dans la vidéo de Dirty Diana de Michael Jackson. Le clip de Round And Round comporte également une autre vedette très connue aux USA mais inconnue de part chez nous, le comédien Milton Berle (habillé en femme !), dont le neveu n'était autre que le manager des Ratt. L'importance des relations...



Mais qu'y a-t-il dans cette trappe ?
Si mes repas de famille chiants pouvaient se finir comme ça...


Round And Round a beau avoir remporté un succès colossal (elle fut classée n°12 dans le classement Billboard), elle ne s'imposa pas tout de suite sur les ondes. Pour cela, il fallu attendre que son fantastique clip débarque sur MTV : C'est en tout cas ce que déclare Marshall Berle, le manager du groupe (et neveu de Milton) :

"Avant l'arrivée de la vidéo sur MTV, Round And Round était rejetée par la radio. Personne ne la jouait. Ensuite, quand la vidéo est arrivée, nous nous sommes adressés à la presse et ça nous a fait un réseau pour tous les trois [désolée, je ne sais pas comment traduire ce passage...]. "Mr Television [surnom de Milton Berle, ndlr.] est à présent Mr. MTV.". ça a décollé, et la radio s'est emparée du single. Cette vidéo a propulsé le groupe sous les projecteurs nationaux [et internationaux ?]"

Source : Sex, Drugs, Ratt & Roll: My Life in Rock - Stephen Pearcy, Sam Benjamin

La sortie de l'album fut accompagnée d'une gigantesque tournée mondiale aux côtés des grands du heavy metal : Ozzy Osbourne, Mötley Crüe (avec lesquels ils étaient potes), Iron Maiden, Lita Ford, Twisted Sister... Le groupe ne perd pas de temps pour sortir son deuxième album, Invasion Of Your Privacy (juillet 1985), qui contient les singles You're In Love, Lay It Down et What You Give Is What You Get. Petit aparté : si vous regardez attentivement le début des vidéos de You're In Love et What You Give Is What You Get, vous remarquerez que de la 25ème à la 34ème seconde pour la première et de la 31ème à la 40ème seconde pour la deuxième, on retrouve des plans de lives parfaitement identiques d'une vidéo à l'autre. Du recyclage, en somme. Rien n'échappe à l'oeil de lynx d'Eléonore !


Big Stephen is watching you...

L'album devint double disque de platine, se vendant à plus de 2 millions d'exemplaires. A une époque où YouTube n'existait évidemment pas et où il fallait attendre que MTV daigne passer votre chanson favorite (et où il fallait être américain pour pouvoir en bénéficier), Ratt eut la bonne idée de sortir une VHS de clips sobrement intitulée Ratt: The Video. On retrouve dans celle-ci les vidéos des singles des deux premiers albums et de l'EP éponyme, ainsi que des extraits de leur tournée au Japon. Si les fans se la sont arrachée à l'époque, la VHS est aujourd'hui en rupture de stock et constitue (soi-disant) une véritable pièce de collection. Comme je suis (toujours !) sympa, je vous mets un lien vers un site (son nom commence par un a et finit par un n) où vous pouvez vous la procurer... pour $7 environ ! Pour une "rareté", c'est vraiment pas cher !

A l'instar du premier album, on retrouve une jolie fille sur la couverture d'Invasion Of Your Privacy. Il s'agit de la playmate Playboy Marianne Gravatte, que l'on peut également apercevoir dans le clip de Lay It Down.

Si l'album s'est bien vendu (je sais, je radote !), il n'aurait apparemment pas été du goût de Tipper Gore et de sa clique du "Parents Music Resource Center" (PMRC). Ces derniers l'auraient non seulement pointé du doigt pour sa référence au voyeurisme, mais en plus de cela, l'opus aurait fait partie de la liste des albums sur lesquels ils auraient réclamé le fameux sticker "Parental Advisory", cet autocollant stylé en noir et blanc mettant en garde les pauvres jeunes vulnérables contre des contenus potentiellement traumatisants tels que le sexe, la drogue, la violence et l'occultisme... C'est du moins ce qu'affirme Wikipedia et les nombreuses sources qui s'en inspirent, fait que je n'ai pu vérifier car lorsque je cherche du côté des fameuses auditions du PMRC au congrès américain sur le sujet, je ne trouve aucune mention d'Invasion Of Your Privacy, ni du groupe Ratt. Vous ne m'en voudrez pas si je n'ai pas eu le courage de me taper les 4h d'audition du 19 septembre 1985, durant laquelle l'album aurait supposément été présenté. En tout cas, si le coeur vous en dit, c'est par ici !

Après l'habituelle tournée de promotion, les rats nous pondent leur troisième album, Dancing Undercover (septembre 1986). Si ce dernier s'écoule suffisamment bien pour être certifié platine, il constitue en revanche une déception côté critique. Les singles de l'opus sont Dance, Body Talk (sorti uniquement au Japon) et Slip of the Lip. A noter que les deux premiers singles sont "entendables" (je suis pas sûre que ce mot existe mais peu importe, j'emmerde l'Académie Française !) dans Miami Vice pour Dance (épisode Down For The Count - extrait introuvable sur le Net...) et The Golden Child pour Body Talk en tant que bande originale.



Si je pouvais faire partie des filles qui sont avec eux...
Cette fois-ci, pas de jolie nana mais cinq beaux mecs !


Le groupe enchaine sur la traditionnelle tournée de promo (décidément, je me répète beaucoup !), durant laquelle de nouveaux glameux tout frais viennent ouvrir pour eux, à savoir Poison et Cinderella. Cette dernière comprend deux points culminants : une date au Madison Square Garden le 20 mars 1987 et la participation au festival "Monsters Of Rock Tour" en Allemagne (une date en RFA PUIS en RDA !), ce qui nous vaut du coup trois "points culminants" et non pas deux...

Leur quatrième album, Reach for the Sky, ne se fait pas attendre, puisqu'il sort en novembre 1988. A l'instar du précédent, il se vend bien (certifié disque de platine) malgré des critiques pas toujours très bonnes. Ses singles sont tout d'abord le très bluesy Way Cool Jr., évoquant un jeune homme menant grand train de vie dont les paroles suggèrent qu'il gagnerait sa fortune de façon illégale (apparemment le deal de drogue). Certains indices permettraient de croire qu'il s'agit d'Elvis Presley. J'avoue être un peu étonnée dans le sens où le King était au contraire farouchement anti-drogue : il est même allé jusqu'à rencontrer le président américain Richard Nixon afin de lutter contre ce "fléau" ! Ma théorie est que soit les Ratt étaient fichtrement mal informés (après tout, à l'époque, il n'y avait pas Internet !), soit ils ont créé un personnage fictif s'inspirant du Roi du Rock n' Roll, soit il n'est en fait pas question de vente de drogue, celle-ci n'étant après tout pas évoquée de façon claire... Pour finir avec cette chanson, certains pensent qu'elle s'adresserait à Robbin Crosby (guitariste blond du groupe), alors en proie à une terrible addiction à l'héroïne... Bref, à vous de voir. Si vous êtes plus doués en décodage de lyrics que moi, c'est par ici !


Je n'aurai décidément jamais mis autant de couvertures d'album en photo que dans cet article... (Reach For The Sky)

Histoire de revenir à nos moutons glameux, l'autre single de l'album est I Want A Woman dont, je crois, le sujet est assez clair. Comme vous pouvez le voir ci-contre, la couverture du disque ne montre cette fois-ci pas d'être humain "réel" mais un dessin surréaliste sur lequel aucun des membres du groupe n'a jamais livré d'explication. Contrairement aux autres albums de Ratt, celui-ci ne fut pas entièrement produit par leur producteur de toujours, Beau Hill. D'après l'autobio de Pearcy, le label décida de le licencier en vue de pousser le groupe dans une nouvelle direction. Il fut remplacé par un dénommé Mike Stone, qui était censé remettre un peu d'ordre dans les mauvaises habitudes du groupe. Cela n'empêcha pas les tensions de continuer au sein de la bande (Robbin Crosby nous apprend qu'elles auraient plus ou moins commencé dès la fin de la tournée pour Invasion Of Your Privacy). Et cela n'empêcha pas non plus le "King" blond de s'enfoncer toujours plus dans la boisson et la drogue... Ces tensions eurent apparemment une certaine répercution sur la musique :

"On envoya les cassettes à Atlantic [leur label, ndlr.] et Doug Morris [président de ce label] nous les renvoya directement : "C'est absoluement à chier." Il était livide. "Qu'est-ce que vous nous avez foutus, là ? On peut pas vendre ça, même pas dans un million d'années !". Stone fut renvoyé immédiatement, et Atlantic ramena Beau Hill pour sauver la mise. Ensemble, on pu arriver à donner forme à l'album." Source : Sex, Drugs, Ratt & Roll: My Life in Rock - - Stephen Pearcy, Sam Benjamin

Beau Hill finit par quitter le navire. Le groupe embarqua ensuite pour le City To City World Tour, qui démarra la nuit du Nouvel An 1989, au Tokyo Dome, où ils ouvrirent pour Bon Jovi. Une fois la tournée achevée, retour en studio pour un cinquième opus beaucoup plus "pop metal", Detonator (août 1990). A cette occasion, Allen Kovac, leur nouveau manager, engagea tout de même Desmond Child en personne et son ingé son attitré, Sir Arthur Payson, pour s'occuper de l'album. Célèbre producteur et auteur-compositeur américano-hongrois, Desmond Child est connu pour avoir travaillé avec beaucoup de grands artistes (veuillez trouver le ou les intrus) : KISS, Aerosmith, Bon Jovi, Joan Jett, Cher, Ricky Martin, Tokio Hotel...

Les singles du disque sont Lovin' You's A Dirty Job, Shame Shame Shame (sorti uniquement au Japon) et Givin' Yourself Away, la première power-ballad du groupe, co-écrite avec Mr Child et l'auteur-compositrice Diane Warren (la "Reine de la ballade", paraît-il). Les vidéos de Shame et de Lovin' You's A Dirty Job sont d'ailleurs tellement exceptionnelles (ou pas) que je me suis sentie obligée de vous pondre un petit article à leur sujet.



Quand on voit la miniature, on ne pense pas forcément à une ballade en premier lieu...


Les ventes de Detonator furent clairement décevantes par rapport aux autres albums : celui-ci fut "seulement" certifié disque d'or avec 800 ou 900 000 unités écoulées. Peut-être est-ce dû au fait que la décennie des années 1980 touche à sa fin, et en tant que glameux, on sait tous très bien ce que cela signifie... D'ailleurs, s'il y en a bien un qui touche aussi à sa fin dans Ratt, c'est ce brave Robbin Crosby. Celui-ci sera obligé de partir en cure de désintox au cours de l'enregistrement de l'album, si bien qu'il n'y participera quasiment pas, Warren DeMartini se chargeant d'exécuter ses parties. Il va sans dire que le "King" en sera profondément affecté :

"On m'avait promis que lorsque je sortirais de l'hôpital, on pourrait entendre mes trucs, mais à ce moment-là, c'était : "Nos chansons sont plutôt achevées." J'ai quand même eu "Can't Wait On Love" [seule chanson de l'album composée par lui, ndlr.], mais c'était tout. ça m'a profondément blessé, mais ce qui m'a encore plus fait de mal, c'est le fait que lorsque j'étais en réhab', personne n'est venu me rendre visite. Pas un seul d'entre eux, alors que c'était juste à côté de là où ils habitaient."

Source : vk.com*

Amitié, quand tu nous tiens... Le "King" évoque également son hostilité à l'égard de Desmond Child, lui reprochant la tournure trop pop qu'il a fait prendre à l'album, ainsi que sa gourmandise quant aux droits d'auteur ou trucs du genre. Malgré son absence durant la majeure partie de la création du disque, Robbin Crosby a activement contribué au morceau All Or Nothing, et les parties guitares qu'il a effectuées au cours de l'enregistrement de l'album seraient tout de même présentes sur le disque final, mais de façon restreinte. En attendant, ce fut la dernière fois qu'il enregistra avec le groupe.

La tournée de promotion fut encore plus décevante que les ventes de l'album. En effet, pour la première fois, le groupe se retrouva à jouer dans des salles à moitié vide lors de la partie américaine. Ils eurent un peu plus de chance en Europe, où ils jouèrent face à un public plus restreint, mais bien plus réceptif. Je tiens d'ailleurs à signaler qu'ils ont effectué leur première date en France, à Paris (évidemment !), le 15 octobre 1990 (soit 3 ans avant ma naissance - ouais bon on s'en fout de ça !).

La partie japonaise de la tournée fut particulièrement éprouvante. Robbin Crosby buvait constamment afin de compenser le fait qu'il ne prenait plus de drogue, et probablement de supporter l'ambiance chaotique qui reignait au sein du groupe (selon lui, la bande passait son temps à se chamailler et à se battre - joyeuse ambiance...). Après un dernier concert à Osaka, Robbin dû dire adieu aux rats. Ce fut la dernière fois qu'il joua avec le groupe. La dernière fois de sa vie.

C'est le début de la fin pour le groupe. Ratt poursuivit sa tournée aux Etats-Unis sur quelques dates, engageant en guise de remplacement "un gamin à la guitare recouverte de fleurs peace & love" (sic !), puis Michael Schenker, qui fut le guitariste de Scorpions, UFO et tout un tas d'autres groupes. Schenker se prêta au remplacement tandis qu'il effectuait les premières parties des concerts au sein du supergroupe Contraband, un projet monté par Allen Kovac (manager des Ratt, ndlr.) composé de Richard Black des Shark Island (chant), Tracii Guns de L.A Guns (guitare), Share Pedersen de Vixen (basse - ciel, une femme !) et ce bon vieux Bobby Blotzer. Pour info, le supergroupe fut un véritable flop : ils ne sortirent qu'un seul album tièdement accueilli en 1991, qui comporte en guise de single la reprise des Mott The Hoople All The Way To Memphis.



Parce qu'il faut bien meubler avec quelque chose (autrement vous vous faites chier), le live à Las Vegas avec Michael Schenker.


Malgré ce que j'ai écrit au paragraphe précédent, tout n'est pas encore totalement fini pour nos petits rats. En septembre 1991, leur label, Atlantic Records, sort un best of, Ratt & Roll 81-91. Le 7 octobre 1991, ils participent à la première saison de l'émission MTV Unplugged, au cours de laquelle ils partagent la scène avec le groupe de glam metal Vixen (Ps : je ne peux pas m'empêcher de me demander comment ça a fini entre cet obsédé de Stephen Pearcy et les membres de ce groupe - exclusivement féminin... Ouais, bref, oubliez ce que j'ai dit !). Robbin Crosby n'étant pas présent, c'est de nouveau Michael Schenker qui se colle à la guitare rythmique. Fin 1991, les rats sortent le dernier single de leur carrière avec tous les membres originaux (Crosby excepté), intitulé Nobody Rides For Free. Celui-ci sert de générique de fin pour le film Point Break (réal. par Kathryn Biglow, 1991). Robbin, qui a quitté le groupe, ne sera cette fois-ci pas remplacé. A partir de là, on peut considérer que c'est la fin de Ratt tel qu'on les connait.









Que croyez-vous ? La fin ne signifie pas qu'il n'y ait plus rien à raconter (ce serait bien trop facile...) ! Ainsi, chaque membre du groupe s'en est allé vaquer à des occupations diverses et variées (ah, enfin une liste !) :

  • Ainsi, Stephen Pearcy s'allie avec Fred Coury, batteur de Cinderella, en vue de former le supergroupe Arcade. Ils dégotent plusieurs musiciens de derrière les fagots dont j'ai la flemme de vous citer les noms, signent chez Epic et sortent dans l'indifférence générale deux albums, Arcade (1993) et A/2 (1994), plus un disque live/à chansons de fond de tiroir. Suite à ces échecs cuisants, Stephen forme un groupe de metal alternatif (?), Vicious Delite, puis un groupe de rock industriel (??) appelé Vertex. En plus de cela, il forme sa propre maison de disque en 1995, Top Fuel, sur laquelle il sortira ses albums solos et des disques remplis de chansons inédites de (Mickey) Ratt (s'il y a des fans hardcore de Stephen, c'est par ici !)

  • Warren DeMartini rejoint les Whitesnake pour une tournée en 1994 (extrait live d'une qualité exceptionnelle ici - 'tintion les yeux !). L'année suivante, il sort un EP, Surf's Up!, puis, en 1996, son seul et unique album solo, Crazy Enough To Sing To You. Etant une personne négligeante par nature (cela se voit à la longueur des articles que j'écris), j'ai eu la flemme de me renseigner sur son succès. De toute façon, on est en plein milieu des années 1990, Marilyn Manson cartonne avec son Antichrist Superstar, les Spice Girls envahissent les ondes avec leur Wannabe (si vous cliquez sur le titre, la chanson hantera votre cerveau à tout jamais, hé hé), donc j'imagine que les gens n'ont plus vraiment d'yeux pour les glameux. En attendant, qu'a-t-il fait en 1992 et 1993 ? Mystère...

  • Juan Croucier continue de produire des tas de groupes dont on a jamais entendu parler depuis son studio personnel - "The Cellar". S'il "continue", cela signifie qu'il s'y était déjà collé avant la fin des rats, soit dès 1987 avec le LP Tranquilizer pour... Love/Hate ! Les vrais (re)connaîtront ce nom...

  • Quant à Bobby Blotzer, il se lance dans... une entreprise de nettoyage de tapis ! Non, non, ce n'est pas un fake, je vous assure ! Il explique dans une interview que les temps étaient durs pour les groupes comme le leur et qu'il fallait bien subvenir à ses besoins d'une façon ou d'une autre...


Stephen, Fred Coury et une bande d'inconnus dans le supergroupe Arcade


Et Robbin Crosby, me direz-vous, que devient-il ? Après un départ très fortement encouragé par leur manager Allen Kovac, celui-ci commença à faire miroiter à Robbin de gigantesques sommes d'argents en lui promettant un avenir radieux en tant que producteur, mais comme vous vous en doutez, notre "King" s'est au final fait baiser avoir. Outre cela, Robbin aurait tenté de reformer Secret Service (le groupe dans lequel il se trouvait avant Ratt, ndlr.), a joué en 1993 sur l'album de Rumbledog (flemme de vous expliquer ce que c'est - Google est votre ami !) et en 1996, avec un groupe de country (!), Bill & Kev and War Party. Enfin, en 1999, il enregistrera un solo (voir plus bas) sur l'album The River-The Life du groupe totalement inconnu Air Pavillion, qui se trouve être produit par... Juan Croucier ! L'enregistrement aura d'ailleurs lieu dans le studio de Juan évoqué plus haut, "The Cellar". Il s'agit du tout dernier solo jamais enregistré par Robbin.

Côté vie personnelle, les choses vont en empirant : Robbin divorce de sa femme, perd sa maison et se retrouve quasiment à la rue, sans argent, sans amis, réduit à supplier les membres de son ancien groupe de lui prêter de quoi subsister. Mais ce n'est pas tout : en 1994, on lui diagnostique le SIDA, ce qui le fait sombrer encore davantage dans la drogue et la dépression. D'ailleurs, il confiera avoir même tenté de se suicider...



Une réunion survient !




Aussi incongruement que ce titre de chapitre surgi de nulle part, les Ratt prirent la décision de se remettre ensembles vers la fin des années 1990, mais sans Robbin Crosby, car "il était trop gros" et "prenait encore de la drogue", ni Juan Croucier, qui ne fut pas inclus dans le groupe pour des raisons assez complexes que je n'ai personnellement pas comprises. Si vous êtes plus intelligents que moi (et bon en anglais), c'est par ici. Il fut remplacé par un certain Robbie Crane, connu pour avoir joué dans le projet solo de Vince Neil, pour avoir bossé comme technicien pour Bobby Dall de Poison et - surtout - pour s'être fait viré de la tournée Look What The Cat Dragged In car il baisait (harcelait ?) trop de filles. Bon, ok, la dernière info est assez incertaine, mais que voulez-vous, ma résistence est faible face aux ragots de bas étage...

"Apparemment j'baise trop de filles !" (Robbie Crane)

En 1997, le groupe repart en tournée, mais seulement avec quatre membres. Sur celle-ci, on put entendre Stephen jouer de la guitare occasionnellement. Les Ratt sortent également un nouveau disque appelé Collage mais attention, il ne s'agit pas d'un nouvel album ! On a ici à faire à un assemblage de chansons inédites et de morceaux remasterisés de la période Mickey Ratt. Suite à cela, les rats signent un gros contrat avec Sony, puis sortent cette fois-ci bel et bien un nouvel opus intitulé... Ratt (ou Ratt 1999 pour les intimes) ! Que d'originalité dans le nom ! On se demande combien de temps ils se sont concertés pour trouver un tel titre !

Comme on peut s'y attendre, en cette fin de siècle troublée par l'avènement du rap US, de l'eurodance, de la pop pour ados boutonneux et de Marilyn Manson, l'album n'est pas très apprécié de la critique et des fans (enfin, c'est ce que dit ce site, car moi je n'y étais pas, enfin si, mais je n'avais que 6 ans et... oui bon on s'en fout !) il n'est donc pas très apprécié des fans, même s'il n'est apparemment pas si mauvais que ça. Plus orienté blues, ses chansons ont été co-écrites avec les membres, producteurs et songwritters d'autres groupes célèbres : Marti Frederiksen (Aerosmith, Mötley Crüe), Jack Russell (Great White), Taylor Rhodes (encore Aerosmith, Kix) et plein d'autres encore que j'ai la flemme de vous mettre. De toute façon, ce genre de liste, ça fait chier tout le monde !

Malgré cela, l'album n'eut pas le succès escompté, bien que son seul et unique single, Over The Edge, réussit à pénétrer le Top 40 "Mainstream Rock charts" (et ce malgré son absence de clip). Le groupe engagea par la suite le guitariste Keri Kelli (probablement le temps de l'habituelle tournée de promo), puis, en janvier 2000, Stephen Pearcy quitta de nouveau le navire pour partir en tournée avec sa propre formation, Nitronic, qui se voulait visiblement être une nouvelle version de Ratt (oui, même moi je suis perdue !).

DeMartini et Blotzer ne se laissèrent pas abattre pour autant, et ce malgré le départ de Keri Kelli pour Slash's Snakepit : ils engagèrent de(ux) nouveaux musiciens et hop, ce fut reparti ! Leur nom ? Jizzy Pearl (au chant - ex-Love/Hate) et John Corabi (à la guitare rythmique). Tient donc, Corabi, ce nom me dit quelque chose... N'aurait-il pas déjà officié chez les Mötley Crüe par hasard ?... Les deux larons souhaitèrent partir en tournée avec ce nouveau line-up sous le nom de Ratt, ce qui ne plut visiblement pas à tout le monde. En effet, Stephen Pearcy leur colla un procès, mais perdit, ce qui leur valu le droit de tourner sous le nom de Ratt. De son côté, le chanteur tourna sous son propre nom, ou sous celui des "Rats Bastards".

En 2004 et 2005, le groupe (la version "DeMartini-Blotzer", bien entendu) participa au festival américain Rock Never Stops, qui réunit essentiellement des bandes issues de la scène glam. Après cela, chacun travailla dans divers projets variés, parfois avec les uns, parfois avec les autres. Comme c'est plutôt chiant, je vous les épargne et je préfère passer à quelque chose... de beaucoup plus triste.




La fin de Robbin Crosby





Son dernier solo, enregistré fin 1999 au Cellar, le studio de Juan Croucier.

Souvenez-vous, à la fin des années 1990, Robbin ne va pas bien du tout. Diagnostiqué du SIDA, il enchaîne les séjours à l'hôpital. Il réussira cependant à sortir de la drogue, déclarant durant la fameuse interview diffusée sur KNAC.com ("fameuse" car c'est dans celle-ci qu'il a révélé pour la première fois qu'il était atteint du SIDA) hum, cette phrase est beaucoup trop longue... Bref, il nous dit qu'il est clean depuis environ 15 mois (l'entretien ayant été conduit en juin 2001, je vous laisse faire vos calculs !). Malgré son mauvais état de santé, il ne se laisse pas abattre pour autant et a des projets plein la tête : il a en effet l'intention de faire un album avec Juan Croucier et "pleins d'amis", dont le montant des recettes irait à l'AIDS Healthcare Foundation, une grosse organisation basée à Los Angeles venant en aide aux personnes atteintes du SIDA.

Hélas, rien de tout ça ne put se faire. En effet, le 6 juin 2002, âgé de 42 ans seulement, le guitariste fut retrouvé mort chez lui. On cru tout d'abord qu'il avait succombé à des complications liées au virus du SIDA, mais l'émission Behind The Music nous révéla que sa mort relevait en fait d'une overdose d'héroïne, ce qui laisse donc entendre que Robbin avait recommencé à se piquer...

Selon le journal d'un certain Curt Dudley**, Robbin fut enterré à Windansea beach, La Jolla (sa ville natale) entourré d'environ 200 ou 300 personnes. Après que son père ait rendu hommage aux personnes ayant tenu une place spéciale dans sa vie, une douzaine d'amis prononcèrent quelques mots en son honneur. Les quatre membres originaux de Ratt étaient présents, s'évitant apparemment copieusement les uns les autres. Contrairement à ce qu'il laissait entendre dans la fameuse interview (jadis) diffusée sur KNAC.com, beaucoup de personnes présentes lors de l'enterrement auraient tout de même été là pour lui et auraient essayé de l'aider quand il était au plus bas.

"J’ai eu tout ce dont je rêvais, et même plus. Ne soyez pas désolés pour moi [car] j’ai vécu la vie de dix hommes. Lors de mon enterrement, personne ne doit pleurer - faites plutôt la fête." [Mouais, pas terrible en français...] - Robbin Crosby



RIP Robbin "KING" Crosby



La vie continue du côté des Rats restants. Ainsi, aussi surprenant que cela puisse paraître, Juan Croucier, qui avait traité ses anciens camarades de menteurs en 2005, se mit à tourner avec Pearcy en 2006, en compagnie de son groupe, Liquid Sunday ("Dimanche Liquide", tout un programme !). Les deux furent même rejoints par Blotzer lors d'un show le 27 octobre de la même année. Ensuite, tout se complique - ou disons que plus exactement, il se passe BEAUCOUP de choses. Je vais donc devoir faire appel à mon meilleur ami dans ces moments, la liste. Ne m'en voulez pas si j'omets des détails, ou si j'omets de dire que machin à tourner avec truc puis à quitter truc pour retourner avec machin, car je vais être obligée de résumer :

  • Decembre 2006 : le 1er du mois, le site metalsludge.tv fait savoir à la face du monde que Pearcy et Croucier comptent se réunir avec DeMartini et Blotzer. Trois jours après, Jizzy Pearl (pour ceux qui, comme moi, ont du mal à suivre, le remplaçant de Pearcy) annonce sur son site officiel qu'il "est grand temps de partir" et leur souhaite "bonne chance [...] pour le futur" (message original introuvable, donc on va faire confiance aux sources secondaires...). Ainsi, le seul membre "non original" qui nous reste est désormais ce bon vieux John Corabi, à la guitare rythmique.
  • Mars - Août 2007 : le 17, le site Bravewords nous annonce que la bande part en tournée avec Poison et Great White. D'autres groupes viendront s'y greffer par la suite, mais ça, on s'en fout. Comme tout est toujours très compliqué avec ce groupe, Juan Croucier n'est finalement pas de la partie (pour quelle(s) raison(s) ? Allez savoir...) et c'est donc Robbie Crane qui s'occupe de la basse. La tournée a lieu durant l'été 2007 et s'achève en août de cette année, le 19 précisément. Le 21 août, ils pondent un seconde best of, Tell the World: The Very Best of Ratt.
  • Novembre 2007 - Juin 2008 : les mecs quittent les USA pour aller tourner en Australie et au Japon, puis, en juin 2008, s'embarquent dans une tournée européenne durant laquelle ils prennent part à tout un tas de festivals, sans daigner se pointer en France. On s'en serait doutés. Entretemps, en janvier 2008, ils jouent lors de la Motley Cruise, une croisade organisée par Vince Neil des Mötley Crüe qui promet un programme passionnant rempli de musique et de festivités en tout genre.
  • Août 2008 : John Corabi quitte le groupe et est remplacé par Carlos Cavazo, guitariste de Quiet Riot. Ce dernier effectue son premier show avec le groupe le 27 août, à Baton Rouge (Lousianne).
  • Avril - Novembre 2009 : il semblerait qu'il y ait du nouvel album dans l'air... la bande signe un gros contrat avec le label Loud & Proud/Roadrunner Records en avril et prend part en novembre 2009 à la "ShipRocked" croisade. Après cela... le grand retour !


Ratt avec Carlos Cavazo (je vous laisse le soin de deviner duquel il s'agit).


Leur nouvel album s'appelle Infestation et sort dans les bacs le 20 avril 2010. Dans une veine très Out Of The Cellar-ienne (Warren DeMartini nous dit qu'ils souhaitaient faire un album qui aurait pu sortir entre leur disque de 1984 et Invasion Of Your Privacy), le disque reçoit d'excellentes critiques de toute part (flemme de citer des exemples - Google est votre ami). Ses singles sont Best Of Me et Eat Me Up Alive.

Tout va bien, ils sont de retour, ils ont du succès... Ouais, bon, en fait, ça marche pas comme ça avec les Ratt. En juin et juillet 2010, ils sont obligés d'annuler toutes leurs dates européennes pour des raisons médicales, Stephen devant se faire opérer d'une hernie. Mais ce n'est pas tout. Trois mois plus tard, on nous annonce qu'il y a de nouveau du rififi entre les membres. Tient, ça nous avait manqué... Ainsi, le groupe se sépare de nouveau (pour un temps indéfini), chacun vacant à ses petites occupations. Et la cause du rififi, me direz-vous ? Comme toujours avec ce groupe, c'est loin d'être clair comme de l'eau de roche. A en croire Stephen Pearcy, Bobby Blotzer n'y serait toutefois pas étranger :

"Quand tu as un batteur constamment et délibérément sur son propre programme au détriment du groupe... [Bobby] était là, à faire ce truc avec son livre [soit la promotion de sa passionnante autobio, 'Tales Of A Ratt'] et à en faire une priorité au point d'ignorer son public. Je veux dire, c'était aller à l'encontre de ce qu'il fallait faire. Et moi, j'ai pas le temps pour ça."

"[...] Comme je dis, il y a toujours de l'agitation dans cet océan [??] - l'océan des Ratt, malheureusement - mais [si] tu choisis ta priorité [soit le bouquin] et conçois délibérément de tirer profit de ce que l'on fait en tant que groupe, ça va à l'encontre de l'objectif. C'est quelque chose qui nous a tous caressés à rebrousse poil. "

Source : blabbermouth.net

Bobby a en effet sorti une autobiographie pompeusement intitulée Tales Of A Ratt : Things You Shouldn't Know (Histoires d'Un Ratt : Choses Que Vous Ne Devriez Pas Savoir, mouais...) en avril 2010 (ou fin mars - arg, je déteste quand les sources se contredisent !). Ici, Stephen semble lui reprocher d'avoir tiré partie de la sortie du nouvel opus à des fins égoïstes, soit pour la promo de son bouquin. On peut même aller plus loin en supposant qu'il lui reproche d'avoir participé au nouveau disque uniquement en vue de faire de la pub pour son autobio, mais je m'égare... Bref, passons à autre chose.

Une couverture de très bon goût qui m'évoque fortement une jaquette de film de série Z.

Le groupe a beau être "séparé pour un temps indéfini", Stephen et Warren ne nous affirment pas moins peu de temps après qu'ils remonteront ensembles sur scène en 2012 et se remettront à écrire. Après une année 2011 visiblement vide (vu que Wikipédia en fait l'impasse, je me permets de faire de même), Stephen confirme en janvier 2012 via sa page Facebook que non seulement ils travaillent sur un nouvel album, mais qu'en plus, il y aurait bel et bien de nouveaux shows en vue... Cinq mois après, le groupe fait son retour fracassant sur scène au M3 festival, en mai 2012 avec... Juan Croucier à la basse ! Bigre ! Fichtre alors ! Y avait longtemps qu'on ne l'avait pas vu dans les parages, ce bougre ! Mais au fait, qu'a-t-il bien pu trafiquer pendant tout ce temps ? A vrai dire... Allez vous faire foutre, j'en ai marre de cette bio ! Vous z'avez qu'à faire vos recherches vous-même !... Pardon, juste un peu de summernage.

Et Robbie Crane alors ? Ils l'ont mis où ? Et bien il se trouve que ce dernier a quitté le groupe pour rejoindre Lynch Mob, au sein duquel il jouait déjà depuis octobre 2010 (soit au moment de la fameuse séparation). Côté nouvel album, Bobby Blotzer affirme en janvier 2013 que la phase d'écriture est à présent terminée et qu'ils comptent passer dans un futur très prochain à la pré-production, avec le producteur Brian Howes aux commandes, essentiellement connu pour... Nickelback. Mouais, peu mieux faire. Côté son, il nous dit qu'on aura droit à quelque chose de nouveau chez les petits rats, avec tout de même quelques morceaux plus "classiques". On a hâte.

Seulement, voilà. Le problème est que ce nouvel album... ne verra jamais le jour. Flûte alors ! Et pour quelles raisons ? Hélas, impossible de savoir... J'ai eu beau chercher, pas la moindre toute petite allusion, pas le moindre tout petit article à ce sujet. De même, je vous aurais bien mis un bootleg de l'une des 35 chansons écrites à l'occasion (dixit Bobby Blotzer), mais une fois encore, c'est le néant. Embrouilles ? Problèmes avec le label ? Avec le producteur ? Allez savoir... Malgré ce mystérieux abandon, la vie continue bon gré mal gré chez nos petits animaux gris. Surtout mal gré d'ailleurs, sachant qu'en janvier 2014 Bobby Blotzer annonce qu'il ne va pas pouvoir prendre part à plusieurs shows à cause d'une opération au cou un peu trop fraîche. Il fut alors remplacé par un certain Jimmy DeGrasso, que l'on sera amenés à revoir plus tard... Trois mois après (soit en avril 2014 pour ceux qui suivent pas), notre cher Stephen annonce solennellement qu'il quitte le groupe (encore ?) pour cause de différends avec les autres membres. A noter que dans sa déclaration officielle, il évoque le "manque de respect envers les fans". Ferait-il allusion à l'album jamais sorti ?...

Cette déclaration ne manquera pas de faire réagir Bobby Blotzer (décidément, son nom revient bien souvent !) qui s'indigne via son Facebook (aujourd'hui visiblement envolé) sur le départ de son camarade. Il lui reproche d' "abandonner le groupe chaque année", estime qu'il n'a pas à faire subir cela au reste de la bande et s'excuse pour une histoire de photo avec un certain "Steve" assez obscure... Un an après, les emmerdes au sujet d' "à qui détient les droits sur le nom de Ratt" (re)commencent. Pour mon plus grand bonheur de biographe, car il faut dire ce qui est, c'est plutôt chiant à traiter. Sur ce, commençons.

En juin 2015, Bobby le batteur s'en va former un groupe appelé Bobby Blotzer's Ratt Experience dont il est le seul membre du Ratt originel. Vous vous en doutez, la bande interprète exclusivement des chansons des rats, son petit plus étant de jouer des morceaux jamais exécutés en live. Ce dernier nous explique qu'il a formé ce groupe suite à un désaccord quant à la possession du nom, qui rendait toute collaboration entre membres originaux absolument impossible. Il nous dit également qu'à ce moment-là, c'est Warren et lui qui possèdent les droits sur le nom de Ratt.

"Mais, mais... Mais alors", me dites-vous, "si Warren possède aussi le nom, ils devraient jouer ensembles !". Et bien non, car toujours selon Bobby, Warren refuse de continuer sans Pearcy et Croucier. Tient, d'ailleurs, parlons-en, de celui-là ! Deux moi après, il forme à son tour un groupe de reprise des rats, Ratt's Juan Croucier, et effectue son premier concert avec cette nouvelle formation en septembre 2015.



"Dorénavant, c'est moi qui commande !"
(Affiche de promo pour un concert de Bobby avec sa nouvelle formation)


Juan Croucier aussi a sa propre version des Ratt (notez ce magnifique effet 3D sur son nom fait avec PhotoShop !)


Mais voilà que Bobby Blotzer monte sur ses grands cheveux oups chevaux ! Via Facebook, il fait part de son mécontentement par rapport au fait que Juan ose utiliser le logo du groupe, ce dernier ne lui appartenant pas. Juan ne lui répondra que plus tard, lorsque Bobby ira (tout de même !) jusqu'à porter plainte contre lui à ce sujet, mais bon, je me spoile... A partir de là, comme ça devient chiant et compliqué, je me vois dans l'obligation de refaire appel à mon meilleur ami dans ces moments, la liste à puces :

  • 23 septembre 2015 : on apprend via blabbermouth.net que Bobby Blotzer et ses potes de Bobby Machin je-sais-pas-quoi Experience agiront et tourneront désormais sous le nom de "Ratt". Ce faisant, les mecs se préparent à partir pour une tournée en 2016 baptisée American Made Re-Invasion Tour. Bobby peut se le permettre car avec Warren DeMartini, il détient les droits sur le nom du groupe via une société appelée WBS, Inc. . Cette dernière avait été créée en 1997, suite au refus de Croucier de se joindre au groupe après leur séparation en 1992. Si à la base Pearcy était inclus dans le deal, le chanteur en fut éjecté en l'an 2000, suite à son contre DeMartini et Blotzer, lorsque ces derniers ont souhaité tourner sous le nom de "Ratt".

  • 25 septembre 2015 : Warren DeMartini manifeste son désaccord quant à la version des Ratt de Bobby dans une déclaration faite spécialement à l'une de mes principales sources, blabbermouth.net :
  • "Bob Blotz m'a téléphoné en mars pour m'annoncer qu'il voulait former un tribute band de RATT et l'appeler quelque chose comme '…RATT EXPERIENCE.' [...] Je lui ai dit que je n'avais aucun problème avec le fait qu'il joue des chansons enregistrées avec RATT, mais que je n'étais pas d'accord avec le fait qu'il utilise [notre] nom dans le titre [de sa nouvelle bande, ndlr.]. Il l'a quand même utilisé."

    "A présent, il essait de faire en sorte que son tribute band devienne [une version officielle de] RATT, chose qu'il n'est absoluement pas autorisé à faire. Je suis totalement contre ça. Des mesures sont en train d'être prises en vue d'empêcher d'autres abus concernant le nom, de même que des représentations avec de future performances de RATT [?? - je suppose qu'il évoque les concerts à venir du Ratt de Bobby]."

    Ratt sans Pearcy, ni DeMartini, ni Croucier, (ni Crosby)... mérite-t-il de s'appeler encore Ratt ?
  • 29 septembre 2015 : ce n'était décidement pas des paroles en l'air : Warren intente bel et bien une action en justice contre son ancien camarade. Dans sa déposition (je sais pas si ça s'appelle vraiment comme ça mais peu importe), il accuse Bobby de tromper les fans en tournant avec un groupe d'imposteurs prétendant être les "RATT" et, ce faisant, de réduire la valeur pécunière du groupe et de porter un coup à leur crédibilité. Pour ma part, j'avoue que ça me ferait bizarre d'aller voir le groupe avec quasiment aucun membre original sur scène...

  • 5 novembre 2015 : ça tombe à l'eau pour Warren ! La cour fédérale de Los Angeles a en effet estimé que Bobby avait tout les droits de tourner sous le nom de Ratt, celui-ci détenant le nom à 50/50 avec la guitariste via la fameuse société WBS, Inc. . Le batteur peut donc effectuer son American Made Re-Invasion Tour en toute tranquilité accompagné d'une pléthore de musiciens dont j'ai la flemme de vous citer les noms (pour ça, le Wikipédia anglais est votre ami) et partagera la scène avec une pléthore de pointures du glam, dont j'ai tout autant la flemme de vous citer les petits noms.

  • 12 avril 2016 : vous vous souvenez du coup de gueule de Bobby à propos de l'utilisation du logo du groupe par Juan (voir image ci-dessus) ? Je vous l'avais dit, le batteur avait carrément porté plainte contre le bassiste à ce propos ! C'est quand même un peu fort... Heureusement pour Juan Croucier, le juge a estimé que le nom du groupe appartenait à chacun des membres, se referrant à un partenariat établi en 1985. Comme vous le savez, Juan a d'ailleurs réagi en disant que cette action en justice s'inscrivait dans le cadre d'une fraude en vue de s'approprier exclusivement le nom de Ratt, qu'il était - en tant que bassiste - l'un des membres fondateurs du groupe, avait participé à l'écriture de leurs plus gros hits, parfois chanté les parties principales de certaines chansons, détenait les droits de publication sur les morceaux (ce qui n'est pas le cas de Blotzer) et ajoute que de toute façon, Bob n'a jamais écrit un seul morceau et ne faisait que jouer de la batterie. ça a le mérite d'être franc.

  • 1er octobre 2016 : Surprise ! Voilà que Stephen Pearcy, Warren DeMartini et Juan Croucier se réunissent le temps d'un concert lors des Monsters of Rock Cruise (un festival sous forme de croisière rempli de glameux !). Néanmoins, à cause d'on-sait-qui, ils sont obligés de jouer sous un autre nom que celui des Ratt, à savoir les Stowaways (sic !). Carlos Cavazo de Quiet Riot remplace toujours Robbin Crosby à la guitare rythmique et c'est Jimmy DeGrasso - dont on avait déjà parlé il y a fort longtemps - qui officie derrière la batterie.

  • 29 novembre - 8 décembre 2016 : Stephen Pearcy, DeMartini et Croucier ont réussi à reprendre le contrôle du nom du groupe, expulsant par là même Blotzer du partenariat ! Ne me demandez pas de vous raconter comment ils ont fait car c'est assez fastidueux à retranscrire et qu'honnêtement, je n'en ai pas le courage. Si vous voulez vraiment les détails (et maîtrisez la langue de Shakespeare) c'est par ici ! Toujours est-il que ce pauvre Bobby n'a désormais plus que le droit de se désigner en tant qu' "ex-membre de Ratt". Toutefois, celui-ci n'a pas dit son dernier mot ! Lui (et son avocat) continuent d'affirmer que leur société, WBS, détient le nom et qu'ils emploieront tous les moyens nécessaires en vue de prouver à la justice qu'ils ont raison.


Les Ratt Strowaways lors des Monsters of Rock cruise, en compagnie du célèbre animateur radio Eddie Trunk.
(photo tirée de son compte Twitter)


Trève de liste, retournons à la normale ! Vous l'aurez compris, Stephen et ses potes ont décidé de se réunir en vue de remonter sur scène. C'est donc le 17 février 2017 qu'ils donnent leur premier concert post-scission sous le nom de Ratt, au Treasure Island Resort and Casino (Welch, Minnesota). Le moins que l'on puisse dire, c'est que la qualité ne semble pas être au rendez-vous. Bon, j'avoue, je ne juge que d'après la vidéo ci-dessous, mais vous conviendrez qu'aux vues (ou plutôt à l'audition) des performances vocales de Stephen, ça ne laisse rien présager de bon pour le reste du concert. J'ai d'ailleurs jeté une oreille à la vidéo extraite de la Monsters of Rock cruise et je dois dire que ce n'est guère mieux. Stephen Pearcy, le déclin ?



Stephen a le même niveau que moi en chant. Je n'aurais pas fait mieux...


En comparaison :




J'avais beau trouvé l'idée de Blotzer - à savoir prétendre que lui et sa bande d' "inconnus" sont les vrais Ratt - un peu fallacieuse, je dois avouer que pour le coup, leur chanteur, un certain Joshua Alan (Sin City Sinners), fait fichtrement bien son boulot ! D'ailleurs, ça tombe mal, car le 23 janvier 2017, ce dernier annonce son départ du groupe en vue de se consacrer à sa propre carrière musicale. Il sera remplacé par Sean Nicols (Quiet Riot, Adler's Appetite). Avec ce nouveau chanteur, le groupe joue le 18 mars 2017 au Prairie Knights Casino & Resort (Fort Yates, Dakota du Nord - si ça intéresse quelqu'un, extrait ici). De son côté, la version de Steph' participe au M3 Rock Festival (29 avril 2017) et du peu que j'ai entendu, Pearcy semble avoir repris du poil de la bête (ensemble de vidéos ici).

Côté guéguerre, ma source préférée m'indique que suite au jugement rendu en faveur de Juan Croucier (au sujet de l'utilisation du logo des Ratt, ndlr.), l'avocat de Bobby Blotzer aurait tenté de faire faire un réexament du verdict, sans succès. Plus croustillant, l'avocat du trio Pearcy-DeMartini-Croucier nous apprend que si Bobby a décidé de rebaptiser son groupe de reprises "Ratt", c'est tout simplement pour... l'argent ! Quel scoop ! Au lieu de se faire 2 500 $ à 4 900 $ la nuit (ce qui est tout de même déjà pas mal !), la bande se mettrait 25 000 $ à 45,000 $ dans les poches sous le nom de Ratt. En plus de cela, il vient contredire Bob sur le fait qu'après la séparation du groupe en 2014, les autres membres n'aient plus eu l'envie de tourner :

"Ils ont arrêté car suite au décès de la soeur jumelle de Stephen Pearcy [qui l'a quitté en 2014 ndlr.], celui-ci a dû prendre des congés. A ce moment précis, DeMartini et Croucier ont pris la décision de ne pas tourner sans tous les membres, et ce afin de conserver l'intégrité du groupe. Mais voilà qu'en seulement une année, Blotzer s'est appliqué à usurper le contrôle des marques déposées afin de tourner en tant que lui-même sous le nom de Ratt."

Source : laweekly.com

Bobby avait en effet laissé entendre qu'il n'en pouvait plus d'attendre après ses ex-camarades et qu'il souhaitait continuer à jouer avec ou sans eux... Autrement, point de nouveaux concerts pour le batteur et son groupe depuis celui donné le 18 mars 2017 à Fort Yates (Dakota du Nord). Côté "vrais" Ratt, il ne se passe pas grand chose non plus après leur concert au M3 Rock Festival. On peut simplement dire qu'entretemps, Stephen a sorti un nouvel album solo, intitulé Smash (janvier 2017). En effet, je ne vous en avais pas parlé jusque là (ou que très peu), mais sachez que le chanteur a eu une carrière prolifique en tant qu'artiste solo avec pas moins de cinq disques si l'on compte celui-ci... C'est que l'article est déjà long donc on ne peut pas tout mettre...



Histoire de meubler parce qu'il y a trop de texte, voici le single extrait de Smash, le dernier album solo de Stephen Pearcy.


Comme il ne se passe rien en 2017, abordons enfin la dernière année de notre biographie, 2018 ! Dès le mois de mars, des rumeurs commencent à se faire entendre quant au départ de Warren DeMartini du groupe. D'ailleurs, est-il vraiment parti de son plein gré ? Ou a-t-il été viré ? Difficile à dire, d'autant plus que Stephen ne se montre pas clair du tout dans ses déclarations à ce sujet :

"Warren ne voulait pas y aller. Et quand vous avez une société ou une entreprise, cette entreprise ne s'arrête pas si la majorité veut avancer. On voulait juste nettoyer notre maison [...], et pour une fois, aller nous amuser. Assez d'histoires. Nous avons eu assez d'histoires comme ça.

"Le mec [Warren, ndlr.] ne voulait pas y aller. Je n'appellerais même pas ça du travail. [...] Donc si quelqu'un, dans le groupe, ne veut pas le faire, peu importe [qu'il s'agisse de Warren] ou d'un autre, [il peut] aller faire une promenade (siiic !)."

Cependant :

"Warren n'a pas été viré — il n'a pas été viré du tout. Il a simplement pris sur lui-même le fait de ne pas s'impliquer.[...] [Juan et moi] pensions que tout était parfaitement en ordre [avec DeMartini], mais nous avons découvert plus tard qu'il y avait d'autres choses qui se passaient avec ce type et qu'il ne voulait pas prendre part à ces [futurs ?] concerts. Et c'est de cette façon que ça s'est produit. Hé, tout ce que je sais est qu'on n'a pas renvoyé le mec. [...] Warren n'est plus dans le groupe - son choix, pas le nôtre. [...]" Source : ma source préférée

Hrm, bon, en fait, j'avais mal lu, c'est assez clair : on peut imaginer qu'il y a eu des disputes entre le guitariste, Stephen et Juan, à la suite desquelles celui-ci aurait décidé de se barrer. Suite au départ de Warren, Carlos Cavazo (guitare rythmique) décida également de quitter le groupe, ce dernier ne se voyant pas continuer sans lui. Son départ fut d'ailleurs suivi par celui de Jimmy DeGrasso (batterie). C'est que ça en fait, du monde en moins ! Ce n'est pas fini pour autant. Le 5 juillet, on nous annonce qu'ils sont remplacés par Pete Holmes (ex-batteur de Black 'N Blue), Jordan Ziff (guitare lead) et Chris Sanders (guitare rythmique).



"Avec nous, ça rigole pas !" (la nouvelle version des Ratt)
(photo tirée de leur Facebook officiel)


ça ne s'arrête pas là. Non seulement le groupe (re)part pour une nouvelle tournée (vidéo ici), mais en plus de ça, on nous apprend via leur site officiel que Stephen Pearcy et Juan Croucier comptent travailler sur de nouveaux morceaux, qu'ils sortiront à l'occasion du 35ème anniversaire d' Out of the Cellar. Je vous le dis, les Ratt ne sont pas près de mourir !







Enfin terminé ! Pour ceux qui sont arrivés jusque là, sachez qu'il s'agit ici de l'article le plus pénible et le plus difficile qu'il m'est été donné d'écrire : difficulté de trouver des sources sur leurs débuts, informations pas claires, batailles juridiques difficiles à comprendre et barbantes au possible...

D'ailleurs, malgré sa longueur, mon article est bien évidemment non-exhaustif : je ne vous ai par exemple pas parlé de la fois où lors d'un concert à Tokyo en 1991, Robbin se trompa de guitare, s'emparant d'un instrument mal réglé. Ce dernier ne fut par conséquent plus du tout en accord avec le reste du groupe, pour un résultat désastreux sur scène. Ce fut d'ailleurs son dernier concert avec le reste de la bande... Mais attendez, ne vous avais-je pas dit que son dernier concert avec le groupe, c'était à Osaka ? Et là, j'apprend via le documentaire de VH1 "Behind The Music" que c'était en fait à Tokyo ?... Arg, le fléau des sources-qui-se-contredisent recommence !

*Reprise d'une interview de Robbin Crosby donnée en juin 2001 lors de l'émission radio One By One, par le journaliste rock Mitch Lafon. D'abord diffusée sur KNAC.com, elle finit par disparaître mystérieusement du site, mais fut heureusement repêchée par un(e) fan avisé(e) qui la diffusa sur vk.com. Elle est connue comme étant la dernière interview que le guitariste ait donné de son vivant.

**Curt Dudley est un collectionneur de guitares qui a eu l'occasion de passer beaucoup de temps avec Robbin Crosby durant les deux dernières années de sa vie (celle du "King", pas de Curt !), tandis que celui-ci gisait seul sur un lit d'hôpital. De ses rencontres avec Robbin, il en a tiré un journal qu'il a tout d'abord publié sur le défunt site robbincrosby.net (qu'il co-administrait avec un certain "Sully"), puis partagé sur allthatshreds.com. Le moins que l'on puisse dire, c'est que grâce à lui, le "King" a pu passer de bons moments et avoir un ami à qui parler. Un chouette type que ce Curt !







Sources : j'en ai tellement que j'ai dû les mettre sur une page à part !